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  • La Belgique, l'autre pays du Djihadisme

    Lors d'une interview accordée à Sputnik, le directeur de recherches à l'Institut de relations internationales et stratégiques s'est exprimé au sujet du djihadisme actif actuel. La Belgique n’a pas eu une politique antiterroriste particulière ce qui explique le fait que plusieurs terroristes impliqués dans les attaques du 13 novembre dernier à Paris y avaient leurs bases arrière, a déclaré à Sputnik le directeur de recherches à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) François-Bernard Huyghe. "Le gouvernement belge n’a pas eu une politique antiterroriste particulière; c’est un pays disons de modération, il n’y a pas eu beaucoup d’arrestations, ni de politique contre les mosquées dans ce pays très divers. (…). La Belgique est un pays où […] l’Etat n’est pas extrêmement fort" qui donc n'a pas de "politique de répression du terrorisme très nette", a indiqué M.Huyghe. "Proportionnellement à sa population la Belgique fournit énormément de djihadistes. Et ce fameux quartier de Bruxelles qu'on décrit un peu comme tenu par les djihadistes où au moins ils s'afficheraient presque ouvertement. Et par ailleurs on voit qu'il y a des djihadistes qui circulaient beaucoup en Belgique (…). Il y a le fait que évidemment en dépit de la législation européenne c'est plus commode pour un djihadiste d'avoir ses activités ou ses bases arrière en Belgique avant d'agir en France. Enfin en Belgique apparemment c'est un des centres où on trouve plus facilement des armes de guerre, c'est un rôle de carrefour et tous ces éléments-là font que beaucoup de pistes se retrouvaient du côté de la Belgique", a-t-il ajouté. Interrogé sur les raisons de développement du djihadisme et l'éventuelle influence des ONG wahhabites financées par l'Arabie saoudite sur ce phénomène, M.Hyughe a reconnu que "certains groupes privés, certaines ONG wahhabites, proches de l’Arabie saoudite, situés en Arabie saoudite, encouragent fortement la diffusion du wahhabisme et du salafisme, qui sont le terreau du djihadisme actif". Toutefois, "il n'y a pas que l’Arabie saoudite, c’est vrai dans une certaine mesure pour le Qatar, je pense qu’il serait quand même peut-être temps de s’interroger sérieusement sur ses liens", a noté M.Huyghe. Cependant, le directeur de recherches de l'IRIS estime qu'il y a "ce problème effectivement des fameuses mosquées dures, extrémistes, où on tient un discours très anti-occidental, des appels à la guerre sainte, certaines sont effectivement financées par l’Arabie saoudite". Selon lui, "tous les wahhabites, ne sont pas des djihadistes et tous les wahhabites ne tuent pas des gens à la kalachnikov, mais si vous prenez en sens inverse, tous les mouvements djihadistes actifs armés se réclament du wahhabisme ou du salafisme". En parlant de la politique antiterroriste, il a déploré la réticence de la France. "Le problème c’est que, en France en tout cas, on est très soucieux de ne pas faire trop de peine à Riyad et à l’Etat saoudien qui est un très gros investisseur en France et un très gros acheteur de nos matériaux", a conclu M.Huyghe.

  • Ces Etats qui ne veulent pas de réfugiés

    Près de la moitié des 50 États américains s'opposaient lundi à l'accueil des réfugiés syriens, après les attentats de Paris, au risque de faire l'amalgame entre «réfugiés» et «terrorisme» dénoncé par le président Barack Obama. De l'Ohio au Texas, plus de vingt gouverneurs, presque tous républicains, mais aussi des candidats à la Maison-Blanche et d'influents membres du Congrès ont annoncé ne plus vouloir accueillir de réfugiés syriens, de crainte qu'un éventuel terroriste ne se cache parmi eux. Le président de la commission de la Sécurité intérieure de la Chambre des représentants, Michael McCaul, a appelé lundi Barack Obama à suspendre l'accueil de réfugiés syriens, organisé «sans respecter la sécurité des Américains». Un appel auquel s'est joint l'État de l'Oklahoma. «Un "réfugié" syrien semble avoir participé aux attaques terroristes de Paris. La compassion humanitaire américaine pourrait être exploitée pour exposer les Américains à un danger mortel similaire», a de son côté expliqué Greg Abbott, gouverneur du Texas. Dans une lettre à Barack Obama, il a annoncé qu'il n'y «accepterait pas de réfugiés de Syrie». Les attentats, qui ont fait 129 morts et plus de 350 blessés, auraient été «planifiés en Syrie» selon le président français François Hollande. Au moins trois de leurs auteurs auraient séjourné en Syrie et l'un d'entre eux, Ahmad al Mohammad, 25 ans, né à Idlib en Syrie, avait été contrôlé en Grèce en octobre. Le gouverneur du Mississippi, Phil Bryant, a lui dénoncé une politique «extrêmement dangereuse», tout comme celui de l'Alabama. La Louisiane, l'Arkansas, le Tennessee, la Georgie, l'Idaho, le Kansas, le Maine, la Caroline-du-Nord, l'Ohio, le Wisconsin et l'Arizona refusent désormais d'accueillir ces réfugiés. Le gouverneur du Massachusetts Charlie Baker s'est déclaré «pas intéressé par l'acceptation de réfugiés de Syrie», suivi par son homologue de Caroline-du-Sud. Le gouverneur du Nebraska, Pete Ricketts, n'a pas directement ordonné l'arrêt de l'accueil, mais a appelé «toutes les agences de placement des réfugiés à décliner» les demandes. D'autres États ont suspendu temporairement l'accueil de réfugiés syriens, en attendant des mesures de sécurité supplémentaires de la part du gouvernement fédéral, comme l'Illinois, l'Indiana et le Michigan. Le New Hampshire, dont la gourverneure Maggie Hassan se distingue en étant la seule démocrate à se joindre à l'appel, a également demandé une «halte». Pour autant, a souligné Rick Snyder, gouverneur du Michigan, qui abrite l'une des plus importantes communautés originaires du Moyen-Orient, les attentats «sont menés par des extrémistes et ne reflètent pas l'attitude pacifique des gens originaires du Moyen-Orient». Les États n'ont pas les moyens de s'opposer à des financements fédéraux en matière d'installation des réfugiés. Le gouverneur de Floride, Rick Scott, a donc réclamé au Congrès des «mesures agressives et immédiates» afin de bloquer tout financement fédéral d'installation de Syriens en attendant d'«évaluer les risques». Le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) s'est indigné des positions de ces «gouverneurs qui rejettent ceux qui fuient la guerre et la persécution, abandonnent nos idéaux et à la place projettent nos peurs sur le monde». Suzanne Akhras Sahloul, directrice de l'organisation d'aide aux réfugiés Syrian Community Network a confié à l'AFP être «profondément déçue par (son) pays». «Qu'est-ce qui nous arrive pour que nous fermions maintenant nos portes aux gens qui échappent au terrorisme, aux traumatismes et à la mort?», s'est-elle demandé. Les États-Unis ont annoncé début septembre qu'ils allaient accueillir 10 000 réfugiés syriens d'ici octobre 2016, contre 1800 seulement depuis 2011. Plusieurs candidats républicains à la présidentielle, dont Donald Trump, Jeb Bush ou encore Marco Rubio ont également estimé que les États-Unis ne devaient pas accueillir de réfugiés syriens, parmi lesquels pourraient se trouver des jihadistes du groupe État islamique (EI), qui a revendiqué les attaques de vendredi. Pour le président Obama, «Il est très important que nous ne fermions pas nos coeurs aux victimes d'une telle violence». Depuis la Turquie, le président américain a appelé à «ne pas faire de lien entre la question des réfugiés et celle du terrorisme». Sur l'autre moitié des États américains, six restent prêts à ouvrir leurs portes. «Nous avons été et nous continuerons d'être un État qui embrasse la compassion et rejette la peur», a notamment déclaré Jay Inslee, gouverneur de Washington.