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  • Un baptême de l'air à bord d'un avion de chasse

    J'ai fait pas mal d'expériences bizarroïdes au fil des ans, mais aucune d'aussi hallucinante que celle-ci. Il y a peu, en effet, j'ai découvert ce qu'on éprouvait dans le cockpit d'un avion de chasse. Frissons garantis ! Cette expérience sidérante s'est déroulée à Pontoise. Ce jour-là, je suis allé à l'aéroport où j'ai rencontré Nicolas, le pilote, qui a commencé par m'expliquer à quelle sauce j'allais être mangé. Après ça, j'ai pu mettre ma combinaison de vol et aller sur la piste où m'attendait un étrange appareil à la queue bifide, un Fouga. L'appareil n'avait pas le look agressif d'un avion de chasse, mais a été employé par la Patrouille de France pendant presque 20 ans : il devait donc envoyer du pâté, en terme de sensations ! Je me suis installé dans la cabine, me suis mis à mon aise, et l'appareil a roulé jusqu'à la piste. Comment vous expliquer ce que j'ai ressenti lorsque l'appareil s'est retrouvé face à la piste, sur le point de décoller ? C'est ce qu'on peut ressentir quand on est enfant et qu'on se retrouve face au vide, sur le grand plongeoir. Multipliez ça par cinq et vous commencerez à vous faire une vague idée. Pourtant, les premières minutes, le vol s'est révélé assez inoffensif. Je ne m'attendais pas du tout à ça. Je n'ai pas ressenti l'accélération au décollage, et les premières minutes ont consisté en un simple vol à basse altitude. Bref, c'était assez calme, dans l'ensemble. Mais quelques minutes plus tard, le pilote a entamé les acrobaties aériennes, et là j'ai découvert le deuxième effet Kiss Cool tant attendu. Quand on a pris la première boucle, je me suis rendu compte à quel point ça allait être violent. Les acrobaties se sont enchaînées les unes après les autres, toutes plus violentes les uns que les autres. Les acrobaties n'ont pas duré longtemps, mais une fois revenu sur le tarmac, on aurait dit que j'avais couru sous le cagnard avec un sac rempli de briques : j'étais épuisé ! Je crois que je vais rêver de ce vol en avion de chasse à Pontoise pendant un moment.

  • Trop moralisateurs

    Voici un indicateur qui, à défaut d’être consensuel, fait preuve d’originalité. L’indicateur des États moralisateurs place la France parmi les six pays les plus «moralisateurs» de l’Union européenne, révèle L’Opinion. Selon l’Institut économique Molinari, qui fait partie des institutions associées à cette étude réalisée par l’économiste Christopher Snowdon (Institute of Economic Affairs de Londres), «cet indicateur permet de prendre le pouls de cette inflation réglementaire qui nous “veut du bien”». Il «inclut toutes les politiques qui visent à dissuader la consommation de produits légaux et imposent des coûts aux consommateurs.» Selon l’étude, la plupart des pays de l’UE ont durci leurs législations en matière de contrôle des modes de vie, qu’il s’agisse de législations sur la consommation d’alcool, de cigarettes, d’alimentation ou de boissons sucrées. Et la France est le sixième État le plus «moralisateur» des 28 de l’UE, obtenant la troisième place pour ce qui est de la politique anti-tabac, et même la deuxième place pour la régulation de l’alimentation et des boissons sucrées. «La tolérance française a pris du plomb dans l’aile ces dernières années», souligne l’auteur du rapport. Interdiction de fumer dans les bars et les restaurants, forte régulation de la publicité pour le tabac et l’alcool, paquet neutre, fiscalité sur les boissons sucrées et énergisantes, interdiction des fontaines à soda en libre-service en janvier 2017. «Les taxes sur le vin y sont toujours très faibles mais c’est au final la seule consolation qu’ont les buveurs», indique encore l’auteur, qui précise que des discussions sont en cours pour interdire l’happy hour. L’étude repose sur une vision très libérale selon laquelle une politique de santé publique ne doit pas chercher à contrôler les comportements des individus, ni à imposer des modes de vie, des règles de conduites et des habitudes de consommation considérées comme vertueuses. «Il n’y a pas de gloire à être parmi les pays les plus moralisateurs de l’UE. Trop de politiciens semblent convaincus qu’il faut traiter les citoyens comme des enfants», affirme l'auteur de l'étude. Ainsi dans cette optique «la Finlande est un pays unique en matière de répression. Son approche de la cigarette électronique est très négative. Elle taxe les boissons non alcoolisées, impose une interdiction presque totale de la publicité en faveur de l’alcool et opère un monopole public sur la vente au détail des boissons alcoolisées». La position de l’auteur de l’indicateur des États moralisateurs se situe à l’opposé de la politique des «nudges», ces petits coups de pouce discrets et parfois invisibles, qui visent à orienter le citoyen vers une «architecture de choix» conforme à une consommation jugée saine. À l'opposé de cette démarche, «les pays les plus tolérants comme la République tchèque et l’Allemagne imposent des taxes assez modestes sur l’alcool et le tabac. Ils n’essaient pas de contrôler le régime alimentaire de leurs concitoyens et traitent les vapoteurs et les fumeurs avec respect.» L’auteur de l’étude défend sa vision en expliquant notamment que les politiques répressives n’ont pas nécessairement d’effet positif sur la santé des citoyens du pays concerné: «il n’y a pas de corrélation entre les scores de l’indicateur et l’espérance de vie», écrit l’auteur, ni entre la réglementation du tabac et taux de tabagisme ou entre la réglementation sur l’alcool et consommation d’alcool, affirme-t-il. Par exemple «le taux de fumeurs en France est plus élevé que dans les pays qui ont privilégié une approche plus tolérante comme la République tchèque, l’Allemagne et le Luxembourg», lit-on dans le communiqué de présentation de l'étude. «La seule relation statistiquement significative est celle qui lie l’espérance de vie et le revenu national brut. Cela suggère qu’une bonne politique de santé publique devrait davantage se focaliser sur la croissance économique que sur des tentatives souvent néfastes de contrôler les comportements des individus.» Ces politiques sanitaires peuvent avoir d’autres effets pervers comme l’alimentation d’un marché noir, la croissance d’une bureaucratie et d’une police consacrées à contrôler le respect de ces législations ou encore le renchérissement des prix pour les plus pauvres (ce qui peut néanmoins être un des objectifs pousuivis…)