Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

  • Les conflits en Asie centrale en 2016

    En 2016, la Cour pénale internationale a conclu en novembre, dans son examen préliminaire des hostilités dans l’est de l’Ukraine, que celles-ci constituaient de fait un conflit armé international. Bien que des accrochages aient continué de se produire de façon sporadique, la situation générale est restée au point mort, sur le plan tant militaire que politique. Soutenues par la Russie, les autorités en place dans le Donbass ont conservé une autonomie presque totale. À la fin de l’année, la Mission des Nations unies de surveillance des droits de l'homme en Ukraine estimait que le conflit avait fait près de 10 000 morts, dont au moins 2 000 civils. Aussi bien les autorités ukrainiennes que les forces séparatistes de l’est de l’Ukraine se sont livrées à des détentions illégales de civils soupçonnés d’être favorables au camp adverse, utilisés ensuite comme monnaie dans le cadre d’échanges de prisonniers. Toutes les personnes dont on savait qu’elles étaient détenues secrètement par les forces ukrainiennes avaient été libérées à la fin de l’année. En avril, les hostilités ont brièvement repris entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, dans la région sécessionniste du Haut-Karabakh, soutenue par l'Arménie. Les combats, qui ont duré quatre jours, se sont soldés par quelques pertes civiles et militaires, sur fond d’accusations mutuelles, ainsi que par de modestes gains de territoire pour les forces azerbaïdjanaises. Les autorités turques ont cette année encore mené des opérations fortement militarisées dans de nombreuses zones urbaines du sud-est de la Turquie, en réaction à la mise en place, fin 2015, de tranchées et de barricades par des groupes se réclamant du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ces opérations, marquées par l’instauration de couvre-feux permanents et l’usage d’une force excessive, avec notamment l’emploi d’armes lourdes, avaient pour l’essentiel pris fin au mois de juin, non sans avoir auparavant causé la mort de centaines de civils, la destruction massive de quartiers entiers et le déplacement forcé de près d’un demi-million de personnes. Les affrontements entre le PKK et les forces turques en dehors des zones urbaines, ainsi que des attaques sporadiques lancées par les rebelles contre des bâtiments publics, se poursuivaient à la fin de l’année, rien ne laissant entrevoir une éventuelle reprise du processus de paix interrompu en 2015. La perspective d’un redémarrage des pourparlers était largement compromise par la sévère répression qui s’est abattue sur les médias, la société civile et l’opposition politique kurdes, notamment dans le cadre de l’état d’urgence instauré au lendemain de la tentative de coup d’état du mois de juillet.