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La croûte martienne

L’analyse chimique de météorites martiennes va dans le même sens que les conclusions obtenues par le GRS. En effet, la plupart des météorites martiennes de type SNCs datées de l’Amazonien (< 1.3 Ga) ont du point de vue des éléments majeurs et traces, une composition mafique à ultramafique : elles ont échantillonné une croûte basaltique moderne peu différentiée (McSween, 2015). Seules deux météorites martiennes exceptionnelles ont échantillonné la croûte primitive noachienne : ALH84001, un cumulat riche en orthopyroxène de plus de 4.1 Ga et une brèche (4 fragments appareillés : NWA 7533, NWA 7034 et NWA 7475) datée à ~ 4.44 Ga (Humayun et al. 2013, Nyquist et al., 2016). Dans cette brèche, en plus de clastes basaltiques et autres phases mafiques, la découverte de clastes monzonitiques, de plagioclases et feldspaths potassiques a révolutionné la vision d’une planète Mars strictement basaltique. Ces phases felsiques sont largement enrichies en éléments incompatibles tels que K, Rb, Ba et Th par rapport aux clastes mafiques (Table A3 en annexe, (Humayun et al., 2013)). Cela suggère que la croûte primitive martienne n’aurait pas une composition homogène : les clastes mafiques révèlent une croûte ancienne relativement peu différenciée alors que les clastes felsiques soulignent une croûte noachienne relativement évoluée (Hewins et al., 2017; Humayun et al., 2013; Wittmann et al., 2015). Pour la première fois, ce groupe de météorites a permis de mettre en évidence un magmatisme primitif alcalin à la surface de Mars. Ces observations sont la preuve d’une évolution crustale complexe depuis une croûte primitive enrichie en éléments incompatibles à une croûte moderne plus concentrée en éléments compatibles.

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